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Episode 3 – Tanguy de Lamotte

Un tour dans le monde de Tanguy de Lamotte - le Vendée Globe par Skippair

Un tour dans le monde de Tanguy de Lamotte - le Vendée Globe par Skippair

Un tour dans le monde des skippers du Vendée Globe

Certains ont le cœur sur la main. Lui l’a aussi sur ses voiles. Tanguy de Lamotte repart pour un tour du monde solitaire et solidaire sur son bateau Initiatives-Cœur. Comme en 2012, le skipper de 38 ans mettra son Vendée Globe au service des enfants malades : son aventure va de nouveau servir à collecter des fonds pour Mécénat Chirurgie Cardiaque. L’association s’occupe de faire venir en France des bambins atteints de problèmes au cœur, afin de les opérer. Dix-sept d’entre eux avaient été soignés grâce aux sommes levées durant la course. Au total, soixante-dix sept l’ont été en quatre ans, grâce à la campagne « 1 clic = 1 coeur », lancée par Initiatives-Cœur à chacune des régates de Tanguy de Lamotte.

Si l’ancien architecte naval garde pour objectif de sauver des enfants lors de son deuxième Vendée Globe, il a aussi revu ses ambitions sportives à la hausse. Il avait terminé son premier Vendée Globe à une honorable dixième place. Tanguy de Lamotte espère désormais boucler la célèbre course en solitaire en 80 jours, soit quasiment dix-neuf de moins qu’il y a quatre ans. Revenir dans 80 dodos, c’est d’ailleurs la promesse qu’il fera à son fils d’à peine deux ans, au moment de larguer les amarres, le 6 novembre, aux Sables d’Olonne.

Tanguy de Lamotte : Voyager en voilier rend la destination encore plus agréable

Skippair : Vous allez participer à votre deuxième Vendée Globe consécutif. Qu’est-ce qui vous attire tant dans la course en solitaire ?

Tanguy de Lamotte : Je ne fais pas de la voile en solitaire pour m’éloigner du monde, carrément pas ! J’ai commencé avec la Mini-Transat [traversée de l’Atlantique en solitaire sur des voiliers de 6.50 mètres, ndlr] et le but était vraiment de faire l’aventure complète : dessiner, construire et skipper mon bateau. Je suis architecte naval de formation, j’ai donc réalisé mon voilier à Lorient en 2002 et j’ai pu faire la course en 2005. J’avais très envie de ce projet depuis longtemps. Mais mon objectif, à ce moment-là, n’était pas du tout de terminer au Vendée Globe ! Pour autant, le chemin m’a amené, de fil en aiguille, à dessiner, en 2006, un Class40 [monocoque de 40 pieds, soit 12,18 mètres, ndlr] et je suis passé, assez vite, à l’IMOCA. Ma première course en solitaire sur ce type de voilier était le Vendée Globe 2012. Mais mon objectif à cette course-là était d’effectuer un retour aux sources. J’étais vraiment l’aventurier, alors qu’en Class40, j’avais gagné des courses et je m’étais donc un peu retrouvé emporté du côté de la régate. Sur ce Vendée, je n’avais aucune velléité de résultat. Au final, j’ai réussi à faire un beau temps sportivement, mais ce n’était pas ce que l’on me demandait ! Aujourd’hui, en revanche, je reviens à la course !

Mon petit garçon va avoir deux ans pendant le Vendée Globe. Il sait que je suis sur le bateau mais il ne se rend pas compte que je vais partir longtemps. Ca va faire 80 dodos sans moi !

Skippair : Que pense votre famille quand elle vous voit partir tout seul sur ce genre de course ?

Tanguy de Lamotte : Leur sentiment a pas mal évolué. A mon premier départ sur la Mini-Transat, c’était un peu intense pour eux. Et pareil pour moi ! J’ai retrouvé la même chose en 2012, dans la mesure où le Vendée Globe est une course qui est très longue, intense pour nous les skippers, mais aussi pour ceux qui restent à terre.

Tanguy de Lamotte explique en vidéo comment ses proches ont vécu son premier tour du monde en solitaire… et pourquoi celui-ci sera un peu particulier pour lui, en tant que jeune papa :

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Skippair : Savez-vous déjà ce que vous direz à votre femme et votre fils, au moment de partir, le 6 novembre ?

Découvrez en vidéo ce que Tanguy de Lamotte dira à sa famille, juste avant de prendre le départ du Vendée Globe aux Sables d’Olonne :

Le Vendée Globe, une idée un peu folle…

Skippair : Vous passez beaucoup de temps sur l’eau, pour la course comme pour votre plaisir personnel. Que représente la mer aujourd’hui pour vous ?

Tanguy de Lamotte : C’est la partie la plus importante de la Terre (rires) ! La mer est une route, sur laquelle il n’y a pas de barrières. On a le choix de la manière dont on va atteindre notre destination. On peut donc profiter du voyage. Et ça, je pense que c’est important, car la destination en devient encore plus agréable. Bien sûr, avec le Vendée Globe, je poursuis une idée un peu folle, à savoir partir des Sables d’Olonne, y revenir sans s’arrêter et après avoir fait le tour du monde. Mais j’aime bien aussi, de temps en temps, profiter du voyage, faire une pause et aller lentement. Cela contrebalance le fait d’être à fond et de vouloir arriver le plus vite possible (rires) !

Pendant le Vendée Globe, le contact avec les proches restés à terre a du bon. Mais il faut faire attention au moment où l’on raccroche, quand on se retrouve à nouveau tout seul…

Skippair : A ce propos, est-ce possible de déconnecter sur un Vendée Globe ou le skipper doit rester concentrer sur sa course en permanence ?

Tanguy de Lamotte répond en vidéo et vous explique ses astuces pour décrocher pendant le Vendée :

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L’envie de transmettre

Skippair : Quelle est votre devise en tant que navigateur ?

Tanguy de Lamotte : Ma devise de skipper, c’est ménager ma monture – prendre soin du bateau et de moi-même. Je suis là pour faire des courses. Mais il ne faut pas oublier de rentrer au port (rires) ! Après, j’essaie de me faire plaisir un maximum en mer. Cela conditionne forcément la manière dont on navigue. De temps en temps, on se fait mal, mais c’est pour aller vite et revenir le plus tôt possible (rires) !

Skippair : Est-ce que vous naviguez aussi pour votre plaisir, en dehors des courses ?

Tanguy de Lamotte : J’ai commencé assez tardivement. Quand j’étais ado, je vivais en région parisienne, puis je suis allé faire mes études en Angleterre. Du coup, je naviguais un maximum en régate. Je ne faisais pas beaucoup de cabotage, même l’été, car c’est à cette période que se déroulaient les courses les plus importantes ou qu’avait lieu notre préparation pour les épreuves de l’automne. Mais là, je commence à me mettre à la croisière. Nous partageons un petit Muscadet [voilier de croisière côtière, ndlr] avec Thomas Ruyant, un autre skipper du Vendée Globe d’ailleurs, c’est assez rigolo ! Encore hier [cette interview a été réalisée le lundi 12 septembre, ndlr], nous étions à Groix. Nous avons dormi là-bas et nous sommes rentrés ce matin pour profiter du dimanche soir tranquillement, quand il n’y avait plus grand monde là-bas ! Du coup, c’est facile de revenir et d’enchaîner sur la journée de boulot derrière. C’est assez sympa !

Skippair : Quand vous partez en croisière de cette manière-là, quel est votre style de navigation ?

Découvrez la réponse de Tanguy de Lamotte en vidéo :

Skippair : A propos de sieste en voilier, avez-vous le souvenir d’un somme en mer particulièrement agréable ?!

Tanguy de Lamotte : Oui, dernièrement, au mois d’août, on a fait une sieste tous les trois [sa femme, son fils et lui, ndlr] dans le Muscadet, en plein après-midi, pendant que les gens se battaient sur la plage, parce qu’il n’y avait plus de place (rires) ! Ce jour-là, on s’est levé le matin, on était tout seul au mouillage et à 11h, il y avait 70 bateaux (rires)… Donc on a fait une sieste !

Lorient, c’est génial pour la croisière : on choisit si on veut aller à gauche, à droite ou tout droit, et on a plein de destinations possibles, d’Houat aux Glénan, en passant par Groix !

Skippair : Quand vous allez en croisière, avez-vous une destination favorite ?

Tanguy de Lamotte : Mon escale la plus fréquente, en ce moment, est l’île de Groix, car elle est vraiment en face de la maison. Alors quand on veut juste passer une nuit, on y va (rires) ! Sinon, j’aime beaucoup Houat et, forcément, les Glénan. C’est ce qui est vraiment génial à Lorient (il écarte les bras) : on choisit gauche, droite ou tout droit, et on a pas mal de destinations ! Globalement, j’aime bien trouver des endroits où l’on peut être tranquille – mais sans forcément se retrouver tout seul, et pour cela, les petites îles du sud Bretagne sont pas mal.

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En mer pour me faire plaisir un maximum

Skippair : Quel est votre premier souvenir sur un bateau ?

Tanguy de Lamotte raconte en vidéo ses sorties en mer avec son grand-père, du côté de Saint-Malo :

Skippair : Depuis que vous naviguez, quelle a été la plus forte émotion que vous ayez vécue en mer ?

Tanguy de Lamotte : (réfléchit) J’ai éprouvé vraiment beaucoup de bonheur à franchir la ligne d’arrivée de la Mini-Transat en 2005. C’était ma première traversée de l’Atlantique. C’était une émotion, une satisfaction, un sentiment de réussite assez complet, parce qu’en plus, j’étais sur mon propre bateau. Et j’étais content d’avoir fait la course que j’avais faite. Après au niveau des émotions, sur le Vendée Globe, on passe par des cycles, un peu comme à terre, mais c’est plus extrême parce qu’on est tout seul.

Découvrez en vidéo les deux grandes émotions vécues par Tanguy de Lamotte lors de son premier Vendée Globe, en 2012 :

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Skippair : Quel est votre plus beau souvenir en dehors des courses ?

Tanguy de Lamotte : C’est d’avoir vu des dauphins, ou même juste des mouettes, avec mon fils. Les premières fois, il trouvait super rigolo de voir les oiseaux venir manger les bouts de pain. Mais on a eu la chance d’observer aussi des dauphins l’année dernière. Bon, il était tout petit, il ne s’est pas forcément rendu compte que c’était quelque chose de rare… mais il en a profité quand même à son niveau et ça, c’était assez sympa à partager.

Mon conseil pour découvrir la voile ? Il faut trouver la raison qui nous donne envie d’être en mer, de sorte à en profiter un maximum… tout en restant prudent !

Skippair : Sur un tout autre sujet, avez-vous une recette préférée quand vous êtes sur votre voilier ?

Les plaisirs les plus simples sont parfois les meilleurs… Grâce à ses coéquipiers successifs Adrien Hardy et François Damiens, Tanguy de Lamotte admet s’être déjà régalé en course au large… Confidences en vidéo :

Skippair : Pour finir, auriez-vous un conseil à donner à ceux qui ne connaissent pas encore le plaisir de la voile ?

Tanguy de Lamotte vous délivre son conseil en vidéo :

Envie de prendre le large à votre tour ?

Faîtes comme vous le recommande Tanguy de Lamotte, « trouvez votre style et profitez un maximum ! »

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