Avant de mettre les voiles, les skippers du Vendée Globe se dévoilent sur Skippair ! La huitième édition de cette mythique course au large en solitaire, sans escale ni assistance, partira le 6 novembre 2016 des Sables d’Olonne. En attendant le grand jour, partez à la rencontre de ces sportifs passionnés grâce à nos interviews déclinées en deux temps : d’abord un entretien avec le skipper du Vendée Globe, qui vous présentera son projet sportif et ses motivations sur cette édition 2016-2017 ; puis un échange plus personnel avec l’homme de voile, son rapport intime à la mer et sa pratique de la navigation hors compétition.
En un mot, Skippair vous emmène faire un tour dans le monde des skippers du Vendée ! Premier à passer dans nos radars : Thomas Ruyant, le porte-drapeau des « héros humbles ».
Un colibri sur le Vendée Globe ! Le petit oiseau d’Amérique orne la grand-voile du monocoque de Thomas Ruyant, Le Souffle du Nord pour le Projet Imagine. Un clin d’œil à une légende amérindienne. Alors qu’un feu ravageait la forêt, tous les animaux, désemparés, contemplaient le désastre, impuissants. Seul le colibri s’activait pour éteindre l’incendie. Il jetait sur les flammes les quelques gouttes d’eau que son minuscule bec était capable de transporter. Un effort vain et inutile ? Non, répondit le colibri à ses détracteurs : « Je fais ma part. »
Aujourd’hui, c’est sur les océans de la planète que l’oiseau-mouche s’apprête à prendre son envol. Compagnon de route de Thomas Ruyant sur ce Vendée Globe 2016-2017, le colibri est en fait l’emblème du Projet Imagine. L’association est le sponsor-titre du navigateur. Elle est spécialisée dans la production de portraits d’hommes et de femmes engagés au service des autres. Une ONG comme partenaire, un message solidaire et des mécènes quasi-invisibles sur le bateau… Ce projet sportif original méritait bien une petite explication. Le skipper nordiste de 35 ans vous dit tout dans cette première partie d’Un tour dans le monde de Thomas Ruyant.
Thomas Ruyant : Le Vendée Globe, c’est le plaisir du dépassement de soi
Skippair : Pourquoi un navigateur comme vous se lance dans une course au large en solitaire comme le Vendée Globe ?
Thomas Ruyant : Le solitaire, c’est le dépassement de soi. Quoi qu’il se passe à bord du bateau pendant la course, ce sera à cause ou grâce à moi. Et puis il y a quelque chose de grisant à réussir à manier un bateau tout seul, à traverser les océans et à tourner autour du monde en solitaire sur un voilier. Ce côté « aventure » me plaît beaucoup, mais je ne ferai pas le Vendée Globe, s’il n’y avait pas de la confrontation. Car il s’agit bien d’un sport, avec de la compétition. Je dirais donc que la course au large en solitaire pour moi, c’est l’alliance de ces deux dimensions : le côté aventure, grisant, et l’aspect course, compétitif.
Skippair : En partant sur le Vendée Globe, vous vous apprêtez à passer environ trois mois seul, en mer, sans escale ni assistance. Pourquoi s’infliger une telle épreuve ?!
Thomas Ruyant : C’est vrai que l’on s’inflige ça, comme vous dîtes. Mais il y a un certain plaisir dans ce dépassement de soi. Dans la voile en solitaire, on est toujours dans une démarche, où l’on cherche, à chaque fois, à franchir une marche supplémentaire, à aller de l’avant. L’homme est ainsi fait, il a toujours besoin d’essayer de repousser ses limites. Or, le rêve ultime pour un solitaire, c’est cet Everest du marin qu’est le Vendée Globe. On sait que ça va être dur. On va avoir de la casse, on va avoir des problèmes, mais c’est aussi pour cette raison que l’on y va. Et, au final, on est tellement heureux quand on revient de quelque chose d’aussi difficile que cela n’a pas de prix !
Skippair : Comment votre famille vit ce défi et voit votre départ ?
Thomas Ruyant : J’ai un fiston de trois ans et demi. Il est un peu petit pour comprendre. Après, je fais ce métier depuis dix ans. J’étais donc déjà dans la course au large, quand j’ai rencontré ma compagne. Elle sait que, parfois, ce peut être dur, avec des moments d’absence. Mais quand on se retrouve, c’est d’autant plus fort aussi. Et puis elle aime beaucoup la voile, même si elle est architecte dans la vie.
Je ne suis pas un solitaire à terre : il est important pour moi de partager ma passion pour la mer et la voile.
Skippair : Pour vous, à quoi ressemblerait un Vendée Globe réussi ?
Thomas Ruyant : A un Vendée Globe qui se termine déjà ! Etre au départ représente une belle victoire. Mais être à l’arrivée aux Sables d’Olonne reste, bien sûr, mon objectif. Je vais aller dans des mers que je ne connais pas, dans le grand Sud. Ce sera une première, pour moi, de naviguer dans l’Océan Indien et le Pacifique. Je suis impatient de découvrir ces régions. Mon but sera donc de prendre du plaisir dans ces endroits-là et d’arriver au bout de ce tour du monde à la voile. Mais, bien sûr, je ne laisse pas la compétition de côté : si je peux arriver devant certains bateaux, j’essaierai !
Retrouvez notre série d’articles sur les skippers du Vendée Globe
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Le Souffle du Nord pour le Projet Imagine, un projet collectif qui me donne des ailes pour naviguer en solitaire
Skippair : Vous êtes inscrit au Vendée Globe sous les couleurs du Souffle du Nord pour le Projet Imagine. Vous avez déclaré que cet engagement était un « vrai projet collectif qui [avait] pour ambition d’embarquer le plus de monde possible dans l’aventure »
. Pourquoi cette volonté de partager votre expérience, vous qui aimez tant la voile en solitaire ?
Thomas Ruyant : Attention, je ne suis pas un solitaire à terre ! Je suis un solitaire dans le sport, dans le dépassement de soi. Mais c’est important pour moi de partager ma passion pour la mer, les bateaux et la course au large. Notre projet sur ce Vendée Globe possède un fort ancrage nordiste [Thomas Ruyant est originaire de Dunkerque, ndlr], d’où son nom, Le Souffle du Nord. On a rassemblé aujourd’hui 140 partenaires de la région et 900 particuliers, ainsi que beaucoup d’écoles, de jeunes, des associations… On embarque donc beaucoup de monde avec ce projet collectif, ce qui me donne aussi des ailes pour être en solitaire sur mon bateau.
Skippair : D’autant plus que votre démarche sur ce Vendée Globe présente une dimension solidaire.
Thomas Ruyant : Oui, nous avons cette particularité par rapport aux autres skippers, notre projet porte un message. Notre monocoque n’a pas de sponsor. Nous avons, certes, des mécènes, des partenaires, mais dans nos voiles, nous n’avons pas de marquage publicitaire. On porte les couleurs d’une ONG qui s’appelle le Projet Imagine. Ma participation au Vendée Globe repose donc sur des valeurs vraiment sympas à diffuser autour de la planète. C’est ce qui me donne envie de me dépasser et ce qui m’aide à me faire un peu plus mal !
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Thomas Ruyant, le skipper porte-drapeau des « héros humbles »
Skippair : Comment cette dimension solidaire va-t-elle se traduire, quand vous serez en mer durant votre Vendée Globe ?
Thomas Ruyant : Le Projet Imagine fait des portraits de gens engagés dans des associations. Ils œuvrent dans la solidarité au sens large. Le but du Projet Imagine à travers eux, c’est d’inspirer pour agir. En parallèle, on a donc créé une petite websérie. Elle met en avant des actions positives dans la région des Hauts-de-France. On veut montrer, de cette manière, les initiatives existantes et les personnes qui se bougent, afin de donner l’idée, ou l’envie, à d’autres de le faire. En tout cas, prouver que c’est possible et facile. Et ça marche : on a déjà réussi à motiver des gens et des partenaires à se sortir les mains des poches ! Tout ce côté-là du projet, ce mélange du sport et du solidaire, est donc hyper-sympa et valorisant.
Skippair : Le Projet Imagine met en valeur ce que l’organisation appelle des « héros humbles ». Faut-il aussi être un héros humble pour s’aligner au départ du Vendée Globe ?
Thomas Ruyant : Non, pas du tout. Je ne me mets absolument pas au niveau des personnes dont l’ONG fait le portrait. Pour le coup, il s’agit vraiment de grands bonhommes. Ce sont des gens complètement exceptionnels, qui mettent leur vie au service des autres… ce qui n’est pas du tout mon cas quand je fais de la voile ! En revanche, je suis ravi de pouvoir diffuser ce message-là.
Dans le second épisode d’Un tour dans le monde de Thomas Ruyant : le skipper vous racontera ses dernières vacances à la voile en Norvège… et il avouera s’être déjà échoué en Bretagne !
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En savoir plus sur Thomas Ruyant pendant le Vendée Globe
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