Voilier - Navigation
Voilier – Navigation

Lorsque j’ai contacté Skippair il y a quelques semaines pour m’organiser une croisière en mer à l’occasion des 40 ans de mon frère, Maïna m’a de suite répondu :

« Une croisière en novembre?… Pour aller dans les îles anglo-normandes?… Quoi?! C’est la première fois que vous faites de la voile?… Ah. C’est possible, évidemment, mais ça va être sport, je vous préviens! »

 

En effet, mon frère étant né en fin d’année, on ne voulait pas décaler son cadeau-surprise et attendre les beaux jours… Et puis nous sommes une famille plutôt « du nord », à préférer les ballades rafraîchissantes en Écosse que les siestes brûlantes sur les plages méditerranéennes.

Alors la décision est prise, nous irons défier les vagues et les vents, avec comme principale récompense : une Guinness à Jersey !!!

 

Une semaine plus tard, donc, nous confions tous les petits-enfants à la mamie, et toute la fratrie et belle-fratrie part en direction de Granville pour fêter les 40 automnes de Raphaël…

Nous embarquons sur « Etachon » avec Pascal, skipper tonique et accueillant. Au petit matin, en nous annonçant que nous aurons le vent de face tout le long de la traversée en direction de Jersey, il nous distribue des gilets de sauvetage bardés de mousquetons et de « lanières de sécurité ». Nous comprenons alors immédiatement que cette croisière ne se ferait pas les doigts de pied en éventail…

2-3 recommandations plus tard, le joli voilier quitte les côtes françaises, avec un vent et une mer plutôt en forme… Le bateau « gîte », comme on dit, et nous nous accrochons les uns aux autres, avides de sensations fortes.

Nous passons au sud des îles Chausey pour prendre le vent de côté, nous tirons un bord toutes les 2 heures, le ciel est tout bleu, le vent est froid et nous chantons à tue-tête pour se réchauffer.

Certains se concentrent sur l’horizon pour éviter le mal de mer, tandis que les plus téméraires tiennent la barre à tour de rôle sous les yeux bienveillants de notre capitaine de bord, qui lui s’active sur le pont pour ajuster les voiles pour être au plus « près » du vent et gagner quelques nœuds.

Vers 18h, les côtes anglo-normandes sont en vue, et nous entonnons quelques « chansons à boire » en pensant aux Guinness que nous irons goûter à la source …

 

20h, je sors de la douche, courbaturé de partout, fatigué comme après un marathon – enfin je suppose :-). Je me souviens alors de la phrase de Maïna quand elle m’avait prévenu : « ça va être sport », et me surprend à rire tout seul …

guiness

 

Jersey est magnifique, calme en cette période, et le pub « Lamplighter » nous accueille dans une ambiance chaleureuse et feutrée… Les Guinness se suivent et ne se ressemblent pas, elles ont des tailles différentes et grossissent à vue d’œil, et les mythiques chips au vinaigre nous aident à en recommander.

Quelques heures plus tard, l’équipage jovial et fatigué rentre au bateau pour une seconde nuit dans les cabines exiguës mais confortables.

 

Réveil 8h20. Nous sommes en retard. Pascal nous secoue, nous devons lever l’encre et naviguer au plus vite, pour ne pas rater la dernière marée, ce qui nous empêcherait de rentrer dans le port de Granville…

On hisse la grand’ voile, on « lâche un riz », comme il dit, et rapidement nous ne voyons plus les côtes anglo-normandes. J’apprends à me repérer à la boussole, et mon beau-frère se fait les bras sur les winch pour tendre le « foc » et gagner en vitesse.

Nous passons en revue tout le répertoire de la chanson française, rythmé par les rafales de vent et de vagues que nous encaissons en plein visage…

Mais à 16h30, nous arrivons trop tard pour rentrer au port. La seule solution est de revenir un peu sur nos pas, direction Chausey, pour attendre la prochaine marée, ce qui réjouit tout le monde, car nous aurons la chance de faire une navigation nocturne …

La mer se calme, nous aussi, l’apéro s’installe sur le bateau, et nous passons la soirée « au mouillage » au milieu des rochers de l’archipel… Quelle ambiance particulière, avec le jour qui s’abat sur l’île, et la prévision de cette nocturne… En effet, à 22h nous levons l’encre et nous redirigeons vers Granville, avec les phares pour seuls repères. C’est fascinant, presque hypnotisant, et nos chants de marins laissent place au bruit du bateau sur les vagues, et du vent dans les voiles…

Minuit, nous amarrons dans ce fabuleux port de Granville, et nous couchons sans tarder pour une dernière nuit maritime…

 

De retour à Paris, je fais un compte-rendu à Skippair de notre aventure, que dis-je, de notre épopée, en les suppliant de développer aussi les croisières en automne, même en hiver!… Pour les amateurs de sensations fortes et les anti-farniente, rien de tel !!!

Euh, dites, vous auriez pas une idée pour partir en voilier au jour de l’an ???

 

 

1 commentaire

  1. Excellent périple dirait-on!!! Et idée très originale de cadeau…à retenir absolument !
    Merci pour avoir partagé, par les mots et images, cette aventure maritime!

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