Et si on débranchait pendant les vacances ? Vraiment. Les médecins s’accordent à dire que les congés devraient être un véritable moment de rupture, une pause, un temps pour soi et pour se ressourcer. Dans les faits, c’est plus compliqué. Le téléphone portable dans la poche, Internet accessible presque partout… la tentation est grande de rester relié au monde extérieur. Il faut pourtant (ré)apprendre à se déconnecter. Et il existe un moyen simple pour y parvenir : mettre les voiles, au sens propre ! On a demandé à trois skippers professionnels de nous dire pourquoi les vacances en voilier sont le plus sûr moyen d’oublier son quotidien.
Cet article est le premier d’une série sur la déconnexion qui vous mènera des Glénan aux Grenadines en passant par l’Irlande, sans oublier les petits trucs en plus de nos navigateurs pour bien déconnecter !
Déconnecter en vacances, c’est facile en voilier !
Les vacances, c’est bien connu, elles sont faites pour se reposer. Plus facile à dire qu’à faire. Une étude réalisée par Roambi et Zebaz en 2013 montrait que 93% des cadres et patrons français avaient « déjà consulté ou eu besoin de leurs données professionnelles durant leurs congés »
. Et pour cause : il n’a jamais été aussi simple d’y accéder. Dans un monde de plus en plus connecté, seuls 4% des Français parviendraient à partir en voyage sans son smartphone, d’après un sondage de Next Content pour Liligo. Et seule une personne sur cinq ferait l’effort d’éteindre son téléphone et d’ignorer sa boîte e-mail pendant ses vacances.
Internet a pris une telle importance dans la vie des salariés qu’un nouveau « droit à la déconnexion » devrait bientôt être inscrit dans la loi. L’objectif ? Raisonner l’usage des outils numériques au sein de l’entreprise, « en vue d’assurer le respect des temps de repos et de congé ainsi que de la vie personnelle et familiale »
. Entrée en vigueur prévue au 1er janvier 2017.
De la nécessité de reformater son corps et son esprit
Mais lâcher prise n’est pas chose aisée. Les Anglo-saxons ont donné un nom à ce besoin presque maladif d’être branché en permanence au monde extérieur. C’est le FOMO, pour fear of missing out. Cette « peur de passer à côté de quelque chose » s’accompagne parfois de FONK, la « crainte de ne pas savoir ». Le remède a presque le même acronyme que le mal : des médecins prescrivent en effet de prendre une bonne dose de JOMO. Autrement dit de céder à la « joie » de rater ce qui peut se passer ailleurs.
Pour renouer avec ce bonheur élémentaire, la recette est simple : il faut déconnecter, se faire plaisir et « s’affranchir des sollicitations diverses et variées »
, conseille Philippe Chavanne, auteur du livre Les vacances, c’est la santé, dans L’Express. Un titre ô combien approprié, tant les congés sont (ou en tout cas, devraient être) une parenthèse pour prendre soin de soi. Interrogé par Atlantico, le médecin François Baumann parlait récemment d’« un moment privilégié de « ressourcement » à la fois physique et mental »
. Il compare cette période de l’année à un « grand nettoyage d’été indispensable »
, dont « le corps a besoin (…) pour se reformater, pour trouver une nouvelle énergie et un nouvel élan »
.
Certes. Mais concrètement, comment faire pour déconnecter ?
Des vacances en voilier pour thérapie
La réponse dépend, en réalité, de chacun de nous, assure le philosophe Alain de Botton. A ses yeux, les vacances les plus réussies sont celles choisies en fonction de notre état d’esprit et nos besoins psychologiques du moment.
Pour Jean, skipper professionnel en Bretagne, c’est tout vu : il passe forcément ses vacances en voilier ! « Pour reprendre une phrase à la mode, I don’t need therapy, I just need to go sailing – « je n’ai pas besoin de suivre une thérapie, juste d’aller faire de la voile ». Ou comme le dit ma grand-mère, naviguer, c’est mon antidépresseur ! »
Loin des plages bondées du littoral, l’immensité de l’océan offre en effet un espace de liberté préservé du monde extérieur. A l’intérieur de cette bulle, vous ne risquerez pas d’être distrait par la sonnerie de votre téléphone, ni d’être tenté par la consultation de vos courriels : au large, bien souvent, le réseau téléphonique ne passe tout simplement pas.
« En mer, on a une impression de désert et d’absolu »
, confirme Pascal, basé en Normandie. Amateur lui aussi de citation, il invoque l’homme politique et académicien Jean-François Deniau pour illustrer son propos : « l’océan, disait-il, c’est 360 degrés d’horizon. De quoi complètement te déconnecter du reste de la planète »
. Jean abonde en son sens :
Partir en vacances en voilier, c’est un recentrage sur soi-même et une cure de bien-être. Après une journée de navigation, on est à la fois détendu et fatigué, mais c’est une fatigue saine, la même que l’on ressent après avoir fait du sport. La voile demande une énergie considérable et l’air marin est beaucoup plus vivifiant que dans les terres.
En mer, un tout autre rythme de vie
Surtout, tous les skippers vous le diront, la notion du temps change radicalement lors de vacances en voilier. De fait, à l’écart des tourbillons du quotidien, la mer impose un tempo différent, explique Eric, skipper dans le sud du Finistère :
Le rythme terrestre est réglé comme une horloge, créée par l’homme. Mais la pendule, en navigation, on l’oublie. On crée un autre type de temps. C’est le vent, l’état de la mer, éventuellement la fatigue du marin, qui commandent l’heure d’arrivée du bateau. Pas la montre, et encore moins le moteur !
Un voyage en voilier implique en effet une attention nouvelle envers la nature. S’il veut faire des éléments ses alliés, l’homme doit savoir leur prêter l’oreille et ouvrir l’œil, insiste Eric. Se déconnecter du monde moderne pour se reconnecter à son univers naturel, en somme.
Le bateau ne peut fonctionner qu’avec une écoute importante de l’environnement, le vent et les courants notamment. C’est aussi pour cette raison que le rythme de vie change. On n’est plus soumis aux contraintes horaires, quand on s’oblige à observer les éléments.
Et à en croire nos skippers, inutile d’aller bien loin pour être dépaysé en voilier. Le voyage en mer est suffisamment déstabilisant en soi que l’on en oublie vite tout le reste, assure Pascal.
Dès que l’on monte dans un bateau, on est déjà ailleurs. Les repères changent, l’équilibre n’est plus le même et les gens doivent repenser tous leurs automatismes. En mer, ils sont obligés d’adopter un nouvel état d’esprit. Et ça commence avec des gestes simples, comme éteindre la lumière ou économiser l’eau, parce que sur un voilier, l’énergie est comptée.
Quand l’appel du large revivifie
Régénération du corps et de l’esprit, cure d’iode et changement de rythme, impression de liberté et rapprochement avec la nature… les vacances en voilier ne manquent pas d’attraits pour faire une pause. Est-ce que ça marche pour autant ? Au-delà de toute espérance, répondent en chœur les skippers. « Une croisière à la voile offre un échappatoire au stress de la vie professionnelle, affirme Eric. Dernièrement, j’ai embarqué une personne dont l’activité parisienne était assez intense. Elle m’a expliqué qu’elle voulait partir en mer, parce qu’elle cherchait expressément à déconnecter. »
Pour beaucoup, le plus dur est alors… de se reconnecter, de revenir aux réalités très terre-à-terre du quotidien ! « Quand ils me quittent, mes passagers ont les yeux ailleurs, ils sont un peu hébétés, s’amuse Pascal. La mer a ce pouvoir de nous mettre à l’ouest »
. Au point d’en rendre certains complètement accros :
L’un de mes clients est psychiatre à Paris. Il m’envoie parfois des SMS avec ces simples mots en ouverture du message : « Besoin de mer ». Quand il m’écrit ça, c’est qu’il est coincé dans les bouchons à l’intérieur de son 4×4… »
Si l’appel du large est à ce point puissant, c’est aussi qu’il sied à merveille à l’idéal même que chacun se fait de ses vacances. « On peut toujours affirmer que l’on recherche « le soleil », lance le philosophe Alain de Botton, mais ce que nous voulons vraiment, c’est avoir du calme et se connecter avec une version plus insouciante de nous-mêmes. »
Et après tout, quand on parle de larguer les amarres, partir en vacances en voilier n’est-elle pas l’option la plus naturelle qui vienne à l’esprit ?
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