Son nom évoque l’aventure. Un pari fou, une épreuve intense, un défi immense, qui se relève seul, face à la nature et aux éléments, aux frontières du monde et dans l’horizon infini des océans. Le Vendée Globe est bien plus qu’une course en solitaire autour du monde. En à peine trois décennies d’existence, elle est devenue un mythe de la voile. Le 6 novembre 2016, aux Sables d’Olonne, s’écrira une nouvelle page de la légende, avec le départ de la huitième édition de cette compétition pas comme les autres.

En attendant le grand jour, Skippair a décidé de vous emmener à la rencontre de ceux qui, pendant environ trois mois, vont « faire le Vendée ». Ces skippers professionnels ont beau être des solitaires en mer, ils vont partager avec vous leur passion de la voile et, pour certains, leur expérience de la croisière… Autrement dit, avant de mettre les voiles, les navigateurs du Vendée Globe se dévoilent sur Skippair !

Mais avant de prendre leur sillage tout au long des prochaines semaines, on vous présente le monument auquel ils s’attaqueront bientôt – un tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance. On vous dit tout sur les trois règles de cette course, son parcours, son prix, ses bateaux et ses skippers. Des skippers que vous allez vite apprendre à connaître grâce à Skippair

François Gabart, dernier vainqueur en date du Vendée Globe Le skipper François Gabart est le dernier vainqueur en date du Vendée Globe – ines s. (CC BY 2.0 – Flickr)

Pourquoi le Vendée Globe est le sommet de la course au large

Les footballeurs ont la Coupe du monde, les athlètes ont les Jeux olympiques et les skippers… le Vendée Globe. Graal à conquérir pour les uns, rêve à accomplir pour les autres – cette boucle en voilier autour de la planète est la plus prestigieuse, mais aussi la plus éprouvante de toutes les courses au large. Elle n’est pas appelée « l’Everest des mers » pour rien… Ce surnom est aussi révélateur que le défi lancé aux navigateurs est simple, mais impitoyable.

Les trois principes-clés du Vendée Globe

Le Vendée Globe repose sur une triple exigence : il s’agit d’une course en solitaire sans assistance ni escale.

  • « Solitaire » : le skipper du Vendée Globe doit effectuer l’intégralité de son tour du monde seul, sans aucune autre personne à bord de son bateau. Une seule exception à cette règle : lorsqu’un participant va sauver un concurrent en danger. Pour le reste, chaque navigateur doit tout faire par lui-même, nuit et jour, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 : navigation, manœuvres, routage, réparations, cuisine… sont de son unique responsabilité. Autant dire que le Vendée Globe est une course de tous les instants. La gestion du sommeil (ou plutôt de la fatigue) devient alors primordiale.
  • « Sans assistance » : c’est la conséquence directe du point précédent. Le skipper est seul et c’est seul qu’il doit se sortir d’un éventuel mauvais pas – blessure physique ou avarie technique. Il n’est toutefois pas totalement coupé du monde. Il peut consulter à distance le médecin de la course ou son équipe restée à terre. A lui ensuite d’appliquer leurs recommandations au mieux, mais toujours seul, au milieu de l’immensité de l’océan.
  • « Sans escale » : le skipper ne peut pas remettre pied à terre tant qu’il n’est pas revenu en Vendée. Impossible pour lui, en quelque sorte, de quitter le navire : les participants du Vendée Globe doivent rester sur leur bateau durant toute la durée du tour du monde. Ce principe connaît néanmoins quelques nuances. Sans escale ne signifie pas sans s’arrêter. Il est possible de jeter l’ancre, à l’abri, pour réparer, par exemple. Le navigateur peut même descendre sur une plage, à condition de rester dans la limite de l’estran, la partie recouverte par la marée. Enfin, un concurrent peut retourner aux Sables d’Olonne, jusqu’à dix jours après le départ.

Les règles sont claires et l’épreuve est impitoyable. Preuve de son extrême difficulté, seuls 71 des 138 skippers ayant participé au Vendée Globe sont parvenus à franchir la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne. Soit un taux de réussite de 51%, toutes éditions confondues.

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Un tour dans le monde de…

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Le parcours du Vendée Globe

La feuille de route du Vendée Globe est tout aussi limpide que son concept. Départ aux Sables d’Olonne, le 6 novembre 2016. Arrivée aux Sables d’Olonne, environ trois mois plus tard. Entre les deux, la flotte des voiliers devra parcourir près de 50.000 kilomètres, d’Est en Ouest. Elle devra obligatoirement passer par les trois grands caps : de Bonne-Espérance (Afrique du Sud), Leeuwin (Australie) et Horn (à la pointe sud du Chili et de l’Argentine).

En chemin, les skippers devront affronter, entre autres, les terribles mers du Sud, véritables juges de paix du Vendée Globe. Le passage de l’océan Indien au Pacifique, le long de l’Antarctique, représente en effet une épreuve en soi. Les icebergs ne sont jamais loin, les températures toujours basses et la mer rarement clémente.

Le vainqueur du Vendée Globe 2012-2013, François Gabart, était parvenu à accomplir ce tour du monde en 78 jours, 2 heures, 16 minutes et 40 secondes. Un record.

Le monocoque IMOCA de Thomas Ruyant, inscrit au Vendée Globe 2016 - Pierre Bouras C’est sur un monocoque IMOCA de 18 mètres de long que les skippers du Vendée Globe doivent boucler leur tour du monde. Ici, le voilier du Français Thomas Ruyant – Pierre Bouras

Le prix du Vendée Globe

Il faut être un peu fou, et très passionné, pour se lancer dans un tour du monde en solitaire à la voile sans assistance et sans escale… D’autant que la récompense à l’arrivée peut paraître bien maigre au regard des sommes engagées pour préparer une telle course.

Le gagnant du dernier Vendée Globe avait ainsi empoché 160.000 euros. Le Figaro avait calculé à l’époque que cette prime était l’équivalent de quatre jours du salaire touché par le footballeur suédois Zlatan Ibrahimovic à Paris… Une goutte d’eau aussi comparée à la somme investie par le sponsor principal du skipper victorieux : 8 millions d’euros pendant quatre ans.

Les skippers inscrits au Vendée Globe doivent donc aussi se battre pour trouver des fonds et espérer assouvir leur passion. Certains rivalisent alors d’ingéniosité et font, par exemple, appel au public. Même un vieux loup de mer, comme Jean Le Cam, trois Vendée au compteur, s’est essayé avec succès au financement participatif cet été.

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Les bateaux du Vendée Globe

Les voiliers alignés au départ de la course sont tous des monocoques Open de la classe IMOCA. Il s’agit d’une catégorie de bateaux bien particulière d’une longueur de 60 pieds (18,28 mètres). Ils sont construits en matériaux composites et partagent les mêmes spécificités, dans la mesure où ils sont conçus en suivant un ensemble de règles bien précises, appelé la « jauge ».

Malgré ce cadre commun, des bateaux de différentes générations coexisteront lors du Vendée Globe 2016. La flotte sera ainsi composée d’une dizaine de monocoques nés entre 2006 et 2008. Une nouvelle vague de voiliers sera également au départ. Ils seront notamment reconnaissables à leur foils. Ces dérives latérales sont censées limiter le frottement de la coque sur l’eau, et ainsi faire gagner de la vitesse au bateau. Une innovation qui doit toutefois encore faire ses preuves en conditions de course.

Pour en savoir plus sur le fonctionnement des foils, regardez cette vidéo d’explication préparée par l’équipe Gitana de Sébastien Josse :

Les skippers du Vendée Globe

Alors qui sont ces hommes prêts à risquer leur vie pour faire un tour du monde seul sur leur voilier ? Trente places ont été ouvertes à l’inscription, mais ils sont actuellement vingt-neuf à être officiellement qualifiés. Chaque skipper doit en effet se soumettre à un ensemble d’obligations pour revoir le feu vert de la direction de course. Il lui faut notamment avoir réalisé au moins une course en solitaire sur un IMOCA et avoir parcouru plus de 1.500 milles (2.778 kilomètres) seul sur le monocoque engagé dans le Vendée.

A l’heure actuelle, 19 Français figurent parmi les vingt-neuf navigateurs retenus et dix nationalités sont représentées. Un seul ancien vainqueur sera au départ, en la personne de Vincent Riou, tandis que 14 novices découvriront pour la première fois la course. Cette huitième édition sera également disputée par le plus jeune skipper de l’histoire (Alan Roura, 23 ans) et le plus âgé (Rich Wilson, 66 ans).

Alan Roura, plus jeune skipper au départ d'un Vendée Globe - Christophe Breschi A 23 ans, Alan Roura sera le plus jeune skipper à prendre le départ d’un Vendée Globe – Christophe Breschi

Voici la liste complète des 29 participants du Vendée Globe, classés par ordre de leur inscription administrative et à jour au 6 septembre 2016, à deux mois du grand départ :

Skippair et le Vendée Globe 2016

Alors que diable vont-ils faire, tous ces skippers, dans cette galère du Vendée Globe, vous demandez-vous ?! C’est justement l’une des questions que nous sommes allés leur poser ! Avant de partir faire leur tour du monde en solitaire, Skippair a décidé d’aller faire un tour dans le monde de ces hommes de mer.

Et comme le Vendée Globe est une aventure humaine autant que sportive, ces interviews se décomposeront en deux parties. Dans la première, vous découvrirez le compétiteur et son projet pour la course. Dans la seconde, vous rencontrerez l’homme derrière le skipper – sa pratique de la voile, sa relation à la mer et ses escales préférées en vacances ! Une manière d’apprendre à connaître ces aventuriers… sur un rythme de croisière !

Et si jamais ce tour dans le monde des concurrents du Vendée Globe vous donnent envie de prendre le large, rendez-vous sur Skippair.com pour découvrir nos suggestions de croisières en voilier avec skipper pro. Embarquez le temps d’un journée, d’un week-end ou plus, en France et dans le monde entier !

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